Chaque année, l’ascension du Mont Fuji est ouverte 2 mois à compter du 1er juillet. Accessible à tous, un minimum de préparation est tout de même recommandé, histoire de bien se faciliter la tâche, ou surtout pour ne pas se la compliquer inutilement.

Lieu sacré et source d’inspiration artistique

    Le Mont Fuji, ou Fujisan (富士山) tel qu’il se prononce en japonais (et non Fujiyama qui est une erreur de lecteur du kanji de la montagne 山), est avec ses 3776 mètres le point culminant du Japon. En 2013, le 22 juin pour être précis, le Mont Fuji est inscrit au Patrimoine Mondial de l’Unesco sous le titre « Fujisan, lieu sacré et source d’inspiration artistique », et suite à cela, une contribution optionnelle de 1000¥ a été mise en place pour aider à la préservation du site. Vous recevrez en échange un badge justifiant de ce soutien.

 Par temps clair, il est possible d’apercevoir le Mont Fuji depuis Tokyo situé pourtant à presque 100 kms au nord-est de là. Il fascine autant qu’il inspire et fait partie des indispensables sites à voir au Japon, au même titre que la capitale, que Kyoto ou encore Hiroshima. On pourrait distinguer 4 façons de voir et d’apprécier Fujisan :
  • De loin, depuis la Tokyo Sky Tree ou le Mont Takao par exemple.
  • En mouvement, depuis la fenêtre du Shinkansen. Sur le trajet Tokyo-Osaka, les sièges côté Fuji sont prisés.
  • De près, depuis la région des 5 lacs qui offrent à chaque saison des panoramas éblouissants.
  • De très près, en entreprenant son ascension.

Gravir le Fujisan, c’est avant tout un pèlerinage, mais c’est aussi admirer le lever ou le coucher du soleil à son sommet.

Une ascension très prisée

    Entre 150.000 et 200.000 personnes réalisent l’ascension du Fujisan. Toutes les générations s’y croisent, et même les personnes âgées y sont bien représentées. On compte également environ 30% d’étrangers qui prennent part à l’aventure chaque été.

En réalité, lorsque l’on parle d’ouverture de la saison en juillet et en août, il est surtout question de période la plus propice à l’ascension, puisque le temps y est généralement clément (bien que rapidement changeant et imprévisible), des bus permettent de rallier facilement la 5ème station Yoshida Subaru Line (à 2305 mètres, c’est la plus haute accessible par la route), les magasins et restaurants qui s’y trouvent sont ouverts, ainsi que tous les refuges que l’on trouve sur le chemin vers le sommet. Dans ces derniers, il est possible d’acheter à manger et à boire ainsi que des bouteilles d’oxygène par exemple, mais à un prix plus élevé (3-5x plus cher en fonction de l’altitude). Enfin, certains d’entre eux proposent des lits, mais il est indispensable de réserver pour en profiter.

La 5ème station, point de départ et d’arrivée de nombreux grimpeurs
Il est tout à fait possible de grimper le Fujisan hors saison, mais en faisant l’impasse sur tout ce qui a été cité précédemment. Les conditions climatiques seront également plus difficiles et le terrain plus dangereux. Donc à moins d’être un habitué, il est plutôt déconseillé de s’y attaquer autrement qu’en juillet ou en août.

Généralement, l’ascension se fait à partir de cette 5ème station du fait des nombreuses facilités proposées, c’est le sentier Yoshida. Mais il est bien sûr également possible de partir de la base pour les plus motivés ! Il y a aussi d’autres chemins (Fujinomiya, Subashiri, Gotenba) qui mènent au sommet sur les autres flancs de la montagne sacrée.

Un challenge facile ou difficile ?

    De tous ceux qui ont déjà réalisé cette ascension, certains affirmeront que c’était vraiment facile, et à l’inverse d’autres vous diront que c’était très éprouvant. Il n’y a pas de vérité universelle sur la difficulté de cet exercice, c’est à l’appréciation personnelle de chacun. Ce qu’il faut retenir, c’est que dans tous les cas, ce n’est pas insurmontable, même si l’on est pas grimpeur ni même sportif. Il y assez peu de gens qui abandonnent, et une grande majorité finit par arriver au sommet. Le tout c’est d’y aller à son rythme évidemment. Il vaut mieux se dire que c’est difficile et être surpris du contraire, que l’inverse !

La volonté est un élément indispensable à la réalisation de cette ascension car c’est elle qui dictera à votre corps de continuer dans les moments difficiles. Mais ça ne fait pas tout, comme évoqué en introduction, un minimum de préparation est recommandé pour se faciliter la tâche.

Conseils de préparation

1- Préparation physique 

    Tout d’abord, même si vous n’êtes pas sportifs, ne vous inquiétez pas, cela ne rendra pas l’ascension impossible pour autant. Néanmoins, je vous recommande de vous remettre un peu au sport quelques semaines auparavant, non pas pour faire de vous un athlète, mais surtout pour réveiller votre cœur et vos muscles. Faire du jogging est l’une des options les plus simples et vous permettra d’augmenter votre endurance à l’effort. Complétez vos séances par la montée de marches pour faire travailler les muscles qui vous serviront durant l’ascension.

    Si vous êtes sportifs ou pratiquez un minimum d’activité physique, alors il n’y a pas de préparation particulière à faire sur ce point.

2- Préparation matérielle 

  • Chapeau/lunettes de soleil : que vous décidiez de grimper la nuit et descendre au petit matin, ou l’inverse, vous serez forcément exposé au soleil qui tapera très fort en altitude.
  • Crème solaire : cf point précédent, il en existe au format compact, pour à peine 500¥.
  • Gants : Pour vous protéger du froid bien sûr, mais aussi de coupures si vous tombez sur les rochers parfois tranchants.
  • Pantalon « élastique » : Pour vous permettre de bouger facilement, sans gènes. Évitez les shorts car vous pourriez vous blesser en tombant, et les jeans car ils sèchent difficilement.
  • Chaussures de montagne : Certaines personnes ont fait l’ascension en baskets et ce sans difficultés particulières, mais chacun est différent. Des chaussures hautes permettront de bien soutenir vos chevilles qui encaisseront mieux les coups, surtout lors de la descente qui les va les mettre à contribution. Vous diminuerez aussi fortement les risques de vous fouler la cheville.
  • Chaussettes épaisses : pour éviter les ampoules et se prémunir du froid.
  • Bâton(s) de randonnée : Ils vous aideront lors de la montée en transférant une partie de votre poids et de vos efforts sur vos bras. Mais c’est surtout lors de la descente qu’ils vous aideront à vous stabiliser et à vous ralentir car le terrain volcanique est glissant. Il est possible d’acheter de rudimentaires bâtons de bois à la 5ème station, que vous pouvez faire tamponner au fur et à mesure de l’ascension (moyennant finance bien sûr).
  • Vêtements chauds : Il ne fera pas très froid au départ, ni même pendant l’effort. Par contre, il fait très froid au sommet, c’est donc indispensable. Les températures sont parfois négatives et le vent est glacial.
  • T-shirt sec de rechange : Vous ne vous en rendrez peut-être pas compte, mais vous allez beaucoup suer durant la montée. De ce fait, pouvoir en changer permettra de moins être sensible au froid une fois que vous aurez stoppé vos efforts. Mettez le dans un sac plastique pour l’isoler de l’humidité. Il ne servira à rien sinon.
  • Sac à dos : De 30L ou plus, car vous allez emporter beaucoup de choses avec vous. Un sac de randonnée avec doubles attaches devant (poitrine et hanche) est conseillé.
  • Protections anti-pluie : Pour vous c’est une évidence, mais aussi pour votre le sac parce que s’il pleut, il est important que vos affaires soient au sec.
  • Lampe frontale : indispensable, sinon vous n’y verrez absolument rien. Tout le monde en utilise, alors vos yeux ne pourront jamais s’habituer à l’obscurité. Et vous auriez de grands risques de tomber et de vous blesser. Une lampe à main est déconseillée, car certains passages nécessitent de s’aider des deux mains.
  • Bouteille d’oxygène : Il est possible qu’elle ne vous serve pas, mais si vous n’avez pas l’habitude de l’altitude, vous pourriez en avoir besoin. Avec le manque d’oxygène, vous pouvez être sujet à de forts maux de têtes et à des nausées. Ça m’est arrivé, donc je ne peux que recommander. Cela coûte entre 500 et 2500¥, et les versions les moins chères sont grosses mais légères. Les plus chères sont au contraire compactes mais pèsent un petit peu plus. Il existe même des bonbons et des « papiers » d’oxygène à mâcher. Vous pouvez en acheter dans les refuge, à environ 1200¥
  • Boissons : Au moins 1L est recommandé, optez pour des boissons pour le sport comme Aquarius ou Pocari Sweat. Vous pouvez vous en passer pour vous alléger et acheter sur place, mais vous être prévenus que, encore une fois, vous surpayerez vos bouteilles.
  • Barres vitaminées, friandises : Elles vous redonneront de l’énergie boosteront votre motivation. Il est connu que le chocolat a un effet positif sur la fatigue et le moral. Vous pouvez optez pour des concentrés énergétiques comme des gelées comme on en trouve beaucoup au Japon.
  • Pièces de 100¥ : Car si vous souhaitez utiliser les toilettes (fort probable), vous devrez vous acquitter de cette somme (ou plus) pour l’entretien des lieux. Personne n’est là pour surveiller que vous payez bien, mais c’est juste une question d’honnêteté. 100¥ à la 5ème station, puis 200¥ dans les refuges suivant, et enfin 300¥ au sommet.
  • Divers : sac poubelle pour emporter vos déchets, mouchoirs, etc…
  • Appareil photo/Caméra : Évidemment, vous n’avez pas produit tous ces efforts pour n’en ramener aucun souvenir, non ?

Voilà, vous avez tout ce qu’il faut !

 Ce ne sont que des conseils pour faciliter votre ascension. Comme je l’ai dit, il y a des gens qui la font en baskets, sans préparation particulière, et qui vont jusqu’au sommet. J’ai même vu quelqu’un en surpoids, avec des chaussures complètement trouées, les semelles qui tiennent avec des lanières, et avec un sac de PC portable, aller jusqu’au bout, mais les pieds en feu à l’arrivée. Comme quoi tout est possible, mais il n’est vraiment pas conseillé de suivre ce genre d’exemple !

Quand planifier votre ascension

    D’une manière générale, évitez surtout les week-ends et Obon (festival bouddhiste qui a lieu du 13 au 15 août). Durant les vacances scolaires, il y aura un peu plus de monde, avec notamment les enfants et leurs parents, mais rien d’insurmontable du moment que vous anticipez le rush de la dernière portion (3200-3776m) où tout le monde se dépêche d’aller au sommet pour le lever du soleil, ce qui provoque souvent des embouteillages vu que le chemin se rétrécit sur la fin.

L’ ascension

    Elle prend en moyenne 6 heures. Les plus rapides, les grands grimpeurs, les habitués peuvent la boucler en 3 petites heures, mais il y a peu de chances que vous en faisiez partie. Les plus lents mettront 8 heures, voire plus. Bref, c’est évidemment très variable selon vos capacités et le nombre de personnes dans votre groupe. Le lever du soleil est à 4h40-4h50 environ, donc à vous de voir combien de temps vous vous donnez. Partir à 22 heures vous donne normalement suffisamment de temps pour arriver au sommet avant le grand spectacle.

Le sentier Yoshida démarre par un long chemin d’un peu plus d’un kilomètre fait de montées et de descentes, histoire de vous mettre en jambes. Pour autant, vous ne gagnerez que très peu d’altitude à ce moment là, jusqu’à la 6ème station. A partir de là, la pente devient clairement plus franche et les choses sérieuses commencent. Ensuite, le terrain devient plus difficile à partir de la station suivante, la 7ème donc. Si vous faites l’ascension de nuit, il faudra donc être plus vigilant.

Faire l’ascension de nuit offre une vue magnifique sur les villes de Fujiyoshida et Oshino, sous un superbe ciel étoilé

Ensuite, ce n’est évidemment pas une course, à vous de gérer votre rythme, soufflez, faites des pauses et cela devrait passer sans problème majeur. Par contre, il est possible que vous soyez sujet au mal de l’altitude, qui se traduit par un fort mal de tête, des nausées voire des vertiges. Dans ce cas, faites des pauses, et utilisez une bombe à oxygène si vous en avez une. Si les symptômes deviennent trop forts, et pire que vous êtes atteints de vertiges, il vaut mieux alors rebrousser chemin. Inutile de s’entêter, le problème ne fera que s’aggraver avec l’altitude, et en cas de gros problème, une évacuation vous coutera très cher !

En dehors de cela, si tout va bien, vous arriverez au sommet avant le lever du soleil et pourrez profiter du spectacle. L’horizon commence progressivement à s’illuminer, puis le ciel prend des couleurs de plus en plus fortes. Le soleil pointe alors le bout de son nez et nous éblouit de ses puissants rayons. C’est à ce moment là que tous les japonais hurlent de bonheur le mot « Banzai » plusieurs fois, avec l’hymne national qui retentit en fond sonore.

Photo prise à 3200 mètres, mais le spectacle est le même par temps clair.
Ensuite, vous pouvez faire un tour du cratère et aller observer l’autre flan du Mont Fuji, avec l’ombre de la montagne sacrée qui se dessine dans le paysage. A noter aussi que le temple présent au sommet n’appartient à aucune des 2 préfectures sur lequel le Fujisan se trouve (Shizuoka et Yamanashi), c’est la propriété d’une seule et même personne. Et ça, même les japonais ne le savent pas en général !

La tentation est grande, mais il est déconseillé d’emmener une roche volcanique du Mont Fuji avec vous, cela porte malheur ! Après si vous n’êtes pas superstitieux, à vous de voir !

La descente

    Elle s’effectue en 2h30-3h environ. Et c’est un autre chemin que vous emprunterez pour rejoindre la 5ème station. C’est en fait une succession de lacets des plus soporifiques mais qui mettront vos jambes et vos genoux à rude épreuve. Le terrain composé de roches volcaniques rougeâtres est très différent de celui de l’ascension. Il est glissant voire très glissant par endroit, donc c’est là qu’un bâton est le bienvenue !

Au fur et à mesure, vous prendrez le coup et irez plus vite, mais faites attention à ne pas trop en faire, le terrain reste glissant et une chute n’est pas à exclure. N’essayez pas non plus d’imiter ceux qui passent à côté de vous en courant. Il est évident qu’ils sont habitués à l’exercice pour descendre à cette vitesse.

Également, comme le jour s’est levé, vous devenez particulièrement exposé au soleil et à ses rayons. Donc c’est à ce moment la que le chapeau et la crème solaire entrent en jeu. A l’inverse, la température va rapidement grimper, donc vous enlèverez très vite vos épaisseurs.

Le temps de la détente et des omiyage

    Une fois arrivé à bon port à la 5ème station, il est temps de souffler, de remettre des vêtements normaux si vous aviez garder des affaires en consigne et d’éventuellement faire les magasins remplis d’omiyage, ces cadeaux de tout genre que l’on fait à ses amis/proches/collègues lorsque l’on part en voyage. C’est une véritable institution au Japon !

S’il vous reste du temps et que l’envie vous en dit, vous pouvez faire un tour au petit temple qui se trouve juste derrière les gros bâtiments, vous ne pouvez pas rater le gros torii rouge qui indique son entrée.

     Le récit de ma 2ème ascension est également en ligne, et même si je n’ai pas pu personnellement aller jusqu’au sommet à cause du mal de l’altitude justement, les conseils de cet article restent évidemment valables ! Ils s’appuient sur ma propre expérience, ainsi que sur celle des autres personnes m’accompagnant.

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